Vacances avec un enfant autiste : toute mon organisation pour partir sereinement

Comment réussir à partir en vacances avec un enfant autiste quand chaque changement de routine peut devenir une source de stress ?
Les départs en vacances avec Trotro sont toujours une source de stress. Pour beaucoup de familles, préparer une valise suffit. Chez nous, chaque détail compte. Il faut penser aux changements de routine, anticiper le long trajet en voiture, prévoir les repas, imaginer les situations qui pourraient être difficiles… Rien n’est laissé au hasard.

Préparer les vacances avec un enfant autiste commence bien avant le départ

Notre dernier séjour remonte à Octobre 2024, nous avions fait le choix d’une location de gîte suite à notre mauvaise expérience en camping. A cette occasion, nous avions pu passer une journée à Europa-Park et le fait d’être dans un gîte assez isolé, nous permettait de gérer les crises sans avoir à subir les regards des voisins.

Cette année, nous avons décidé de redonner une chance au camping. Un choix que je n’aurais jamais imaginé faire il y a encore quelques mois. Nous sommes accompagnés par le Réseau Passerelles, qui propose aux familles d’enfants porteurs de handicap des séjours répit. Honnêtement sans cette solution, je nous voyais absolument pas repartir en camping, voir même en vacances.

Le Réseau Passerelles

Chaque été, le Réseau Passerelles organise des séjours familiaux de répit, au sein de lieux de vacances ordinaires, combinant une offre de logement adapté aux besoins des familles et un dispositif d’accueil et de prise en charge de leur enfant en situation de handicap, par une équipe professionnelle, sur leur lieu de séjour.

Site Réseau Passerelles

Dans cet article, je te parle surtout de notre préparation. Je reviendrai après les vacances pour te raconter comment s’est passée notre semaine avec le Réseau Passerelles et si cette organisation a porté ses fruits.


1. Expliquer et montrer : le lieu de vacances, la maison

Trotro nous demande, depuis notre dernier départ, pour retourner en vacances. Il a assez bien compris le concept : on change de maison pour quelques jours en emportant quelques affaires pendant que notre maison est gardée. La nuance a été toutefois de lui expliquer que cette fois, la maison serait différente car pour lui : la maison de vacances est celle où nous passerions toutes nos vacances.

J’ai donc fait un petit travail de préparation en lui montrant des photos de « la petite maison » comme il l’appelle et du camping en lui même. De cette manière il arrive à se projeter un peu plus facilement.

La petite maison comme il dit, est équipée d’une salle de jeux et d’une salle de bain juste pour lui, je pense que ça aide énormément à l’acceptation d’un changement de décors pendant quelques jours. Les bonus : une cabane sur la terrasse et un terrain de jeu juste devant.

Le lieu est également important pour lui, il m’a plusieurs fois demandé de lui montrer sur la carte de France où se situe notre lieu de vacances. Je lui prépare pour le trajet, une petite carte où je vais lui indiquer où nous nous trouvons à chaque fois qu’il en a besoin.


2. Compter les jours

Pour les vacances d’été, j’ai ajouté un nouveau planning dans la maison, si habituellement son planning est sur deux jours pour lui éviter de trop anticiper, j’ai ajouté un planning de 2 mois en complément.

Celui-ci indique par une petite étoile le jour, et tous les événements sont retirés une fois passés. Les vacances hors de notre maison sont indiquées de manière à ce qu’il puisse savoir combien de temps ça va prendre et quand ça arrive. C’est un bon repère visuel qu’il utilise quotidiennement. Sans ce planning, il me demanderait plusieurs fois par jour « c’est quand ?« , alors qu’avec ce support il va vérifier tout seul.

Je ne peux évidemment pas emporter tous les supports visuels en vacances, j’ai donc préparé un petit planning à accrocher sur place afin qu’il garde tous ses repères habituels et qu’il puisse un minimum anticiper le déroulement de la semaine.

Anticiper est probablement ce qui nous aide le plus.


3. Anticiper ses questions sur le trajet

Il y a une chose que Trotro n’aime pas vraiment : passer du temps en voiture. Lui qui n’aime pas du tout attendre appréhende un peu et une simple « il y a 5h30 de route » ne lui suffit pas. Hormis son TSA et comme tout enfant de 6 ans, il a encore un peu de mal avec le temps que ça peut représenter, on lui a simplement expliqué que ce serait un peu long, que nous ferions des pauses et que tout était prévu pour ne pas trop s’ennuyer. Pas besoin de rentrer dans les détails et de donner trop d’informations.


Chaque enfant autiste est différent. Cette organisation est celle qui fonctionne pour notre famille aujourd’hui, et j’espère qu’elle pourra inspirer d’autres parents à trouver leurs propres repères.

Les listes sont mes meilleures amies

Partir en vacances avec nous ne laisse pas trop de place à l’imprévu et à l’improvisation. J’ai des listes pour tout et elles sont clairement indispensables pour essayer de préparer au mieux le séjour :

  • Les vêtements et besoins pour toute la famille sans devoir tout racheter.
  • Les médicaments indispensables à emporter.
  • Le matériel sensoriel à ne surtout pas oublier.
  • Les jouets indispensables pour ses repères.
  • Les étapes du trajets où et quand s’arrêter (oui, oui ça va jusque là).
  • Le planning de notre semaine.
  • Les menus prévus à l’avance.
  • Les papiers indispensables.

La préparation du trajet, une étape clé quand on parle de vacances avec un enfant autiste avec un trouble de l’oralité

C’est ce que j’ai le plus anticipé : le trajet ! Le premier défi a été de trouver un lieu pas trop loin mais dépaysant. Si l’idéal aurait clairement été de viser les Alpes ou le haut Var pour éviter un temps de trajet trop long, nous avons finalement fixé une limite de 5 heures de trajet maximum. Depuis notre premier séjours dans le Lot on s’est promis d’y retourner.

Nous avons finalement opté pour un séjours à quelques pas du Gouffre de Padirac, ça représente sur le papier 5h30 de voiture, je dis bien sur le papier, puisqu’on sait que ça ne se passe jamais comme prévu.

Ce trajet représente deux défis
Occuper un enfant qui déteste être en voiture
pendant 5h30
Gérer le moment du repas avec
le trouble de l’oralité

1. Le sac spécial voiture

Lui, il nous suit partout, quelque soit le trajet que nous devons faire, même si ce n’est que 20 minutes, il est toujours avec nous. Il contient tout le nécessaire pour occuper Trotro. Son contenu ne change quasiment jamais :

  • Sensoriel : collier à mâcher, casque anti-bruit, fidget toys, lunettes de soleil, casquette…
  • Occupations : mini Simon, tablette et casque sans fil, figurines Lego, figurines Minecraft, petites voitures…
  • Indispensables : mouchoirs en papier, pompote, gourde d’eau, t-shirt de rechange.

Pour le départ en vacances, il va être un peu plus complet. Comme je vais dégainer la table d’activités (qui a pas mal sauvé notre précédent trajet) pour dessiner et jouer, il y aura également quelques stickers. Je vais aussi mettre plus de choses à manger : des pompotes supplémentaires et des m&ms minis. Trotro mange très peu de biscuits et ils sont de toute façon interdit en voiture en raison de son trouble de l’oralité et des risques d’étouffement que cela représente.


2. Il y a une tradition qui ne change jamais : le sac surprise

Il connaît assez bien cette « tradition », même si c’est seulement notre troisième départ en vacances à quatre. J’ai un sac dont il ne connaît pas le contenu avec des choses nouvelles. Pour ce trajet j’ai pris (d’autres petites choses viendront peut-être s’ajouter) :

  • Un mini sachet Lego pour créer des poissons.
  • Le jeu Ok Play qui va lui plaire pour son côté magnétique.
  • Un coffret Lego Classic de 150 pièces qui permet de faire pas mal de choses différentes.
  • Un jeu de cubes magnétiques qui offre la possibilité de créer 100 formes.

3. Comme dans l’avion, on suit le trajet

C’est quand qu’on arrive ?

J’ai clairement anticipé cette question avec ma dernière idée. Une feuille de route où faire des croix en fonction de sa demande. Un peu comme sur la tablette de l’avion pour jeter un œil et savoir où on est. Lui qui adore les cartes et regarder le trajet en voiture ne serait-ce que quand nous allons aux courses risque d’adorer cette idée. Je me demande combien de croix il va y avoir à la fin…


4. Trouble de l’oralité : pique-nique impossible

C’est une difficulté à laquelle on ne pense pas quand on ne connait pas le trouble de l’oralité : le pique-nique n’est pas possible (ceci n’est pas une généralité mais chez nous c’est comme ça). Chez Trotro, il se traduit par une très grande sélectivité alimentaire et des étouffements. Les repas doivent donc être pris à table et surtout il n’aime pas du tout les repas froids. Lors de notre dernier grand trajet, nous avions essayé avec un repas préparé à l’avance et conservé dans un thermos et ce fut un échec assez cuisant. Ce jour là, il n’a finalement mangé que des chips.

Un truc facile à trouver que Trotro aime beaucoup : ce que nous appelons le « repas beige« , McDo ou Burger King. Ce sont mes sauveurs lorsqu’il est malade par exemple. Je sais que s’il n’avale rien, je vais quand même réussir à lui faire manger un peu quelque chose si ça vient d’un fast-food. J’ai donc fait coïncider nos heures de routes avec la disponibilité d’un restaurant. De cette manière il va manger à sa faim et pouvoir se décharger un peu dans les jeux.


5. Des pauses programmées indispensables

Je ne parle pas ici des pauses pipi qui seront à la demande mais des pauses de décharge. J’ai trouvé sur notre itinéraire trois pauses à faire pour se dégourdir les jambes et le laisser courir mais aussi pour lui montrer un joli spot : le Viaduc de Millau.

Ces pauses programmées sont indispensables pour lui. Le laisser se défouler ne serait-ce que 20 minutes au grand air ou dans des aires de jeux, aide grandement pour la suite du trajet, même s’il faut sortir de l’autoroute pour ça.

Nous aurons donc en tout quatre grandes pauses qui feront de toute façon du bien à tout le monde. Je pense aussi à l’ado qui aime assez bien jeter un œil dans les boutiques des aires. Papa Chou qui a besoin de café et de détendre ses jambes puisque c’est lui qui assure la conduite.


Des vacances, pas un marathon

Le planning de nos vacances est prévu à l’avance pour éviter de tourner en rond dans « la petite maison ». Nous avons fait des choix stratégiques car il n’est pas possible de tout faire. Si partir en vacances avec un enfant autiste demande de la préparation, ça demande aussi de la résilience. J’ai préparé un programme pour faire plaisir à chacun mais tout en gardant en tête que certaines choses seraient pour une prochaine fois.

Trotro va passer pas mal de temps au club du Réseau Passerelles (si toutefois ça se passe bien pour lui), ce qui nous laisse du temps pour quelques loisirs qui n’ont aucun intérêt pour lui. Et, au contraire, quelques sorties sont prévues avec lui pour qu’il puisse profiter aussi.

L’ado a son programme bien à elle : piscine, piscine, piscine… Avec quelques nuances puisqu’elle veut faire du quad avec son papa et une journée shopping avec nous deux, ce n’est pas arrivé depuis la naissance de son frère. Elle va surtout profiter de deux soirées restau, une tradition des vacances : une fois avec son papa, une fois avec moi.

Papa Chou et moi avons prévu de visiter le Musée Champollion, cette visite est tout en haut de ma liste, l’expo temporaire étant « Hangeul, la volonté d’un roi », je ne peux pas passer à côté ! De mon côté, je vais faire un saut à Padiparc, certainement accompagnée de la miss. Le Gouffre est évidemment sur la liste des choses à faire. J’attends de voir comment ça se passe pour Trotro avant de me projeter.

Côté sorties en famille, nous avons prévu des choses relativement simples : Monkey Forest, l’aire de loisirs de Rignac, le labyrinthe du Minotaure et une promenade à Rocamadour.

Check-list pour des vacances avec un enfant autiste sereines

  • Dresser la liste de ce qu’il faut glisser dans les valises et tenir un inventaire.
  • Prévoir quelqu’un s’occuper de Trotro pendant que je fais les valises plusieurs jours avant le départ.
  • Ne pas changer le programme au dernier moment.
  • Organiser le trajet en fonction des besoins de décharge.
  • Imprimer les supports visuels adaptés.
  • Toujours avoir un plan B.
  • Accepter que tout ne se passe pas comme prévu.

Préparer des vacances avec un enfant autiste demande beaucoup plus d’anticipation que de remplir une simple valise. Chaque liste, chaque support visuel, chaque pause prévue nous aide à partir un peu plus sereinement.

Cette organisation est celle qui fonctionne pour notre famille aujourd’hui. Elle évoluera sûrement avec les années et avec les besoins de Trotro. Si quelques-unes de ces idées peuvent t’aider à préparer votre prochain départ, alors cet article aura rempli son rôle.

Rendez-vous à notre retour…

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