HPI – TOP – Les supers-pouvoirs de Ninie!

Avant la fin de cette année scolaire, sa première en primaire, je souhaite faire un point sur Ninie, sur ses « supers-pouvoirs » comme j’aime les appeler. Je veux garder une trace de l’évolution de tout ça, de notre quotidien et des débuts difficiles.

  • HPI: Haut potentiel intellectuel
  • TOP: Trouble oppositionnel avec provocation

On n’en parle que maintenant?

Ce billet est longtemps resté en brouillon, je l’ai déjà dit plusieurs fois en privé, mais je me répète: j’ai du mal à publier des billets concernant les choses de notre quotidien, les choses personnelles. Si au départ c’était surtout pour moi « le truc des autres », ouais je ne suis pas du genre à m’étaler sur ce qu’il se passe à la maison, c’est vite devenu après quelques billets un moyen de m’attaquer. Je m’explique: quand je publie des billets persos, il n’est pas rare que je me retrouve avec soit des messages soit des commentaires inattendus et malveillants qui me force à fermer ma bouche… Donc je préfère ne rien dire plutôt que d’ouvrir mon jardin secret pour quelques clics. Mais voilà, j’écris…

Si j’ai parfois parlé des supers-pouvoirs de Ninie par le passé de façon très furtive (généralement dans les billets école), je souhaite quand même en parler un peu plus en détails. Notre quotidien n’est pas toujours ce que l’on montre sur les réseaux sociaux et sur le blog puisque j’y partage principalement les bonnes choses de la vie, ces petits moments de joies. Mais de temps en temps il est bon de rappeler que nous sommes comme tout le monde: avec nos galères.

Être démunie face à son propre enfant

Je ne vais pas revenir sur tout le déroulement des « événements » qui nous ont amenés à la conclusion que Ninie a un TOP et est HPI, j’en ai déjà parlé, j’ai ma dose concernant l’accompagnement et les conseils lamentables que nous avons eu. Je vais simplement vite résumer tout ça pour en arriver à notre quotidien aujourd’hui…

  • Avant l’école: Ninie n’a jamais été une enfant facile mais on sait la gérer sans aucun problème.

La maternelle / La maison

Que je remette quand même un peu les choses dans leur contexte: le TOP de Ninie se traduit à ce moment là par des hurlements qui peuvent durer des heures, des objets qui traversent la maison, des coups, des mots méchants. Ajoute à cela un complexe d’œdipe et des terreurs nocturnes et tout est résumé… A l’école bien évidemment c’est tout le contraire, elle est studieuse, elle écoute, elle est volontaire.

  • Petite section: Changement radical, elle est devenue très difficile. La maitresse est au top, elle nous accompagne comme elle le peu avec ses ressources. Elle va tout faire pour que tout se passe bien avec Ninie et pas seulement à l’école.
  • Moyenne section: Une nouvelle maitresse, certainement celle qui nous a le plus épaulé. Ninie est montée d’un cran dans les crises, elle n’est plus du tout gérable, après avoir testé l’homéopathie sur conseil de la pédiatre qui n’a rien changé, on a décidé de consulter un pédo-psy. Après 7 rendez-vous où nous reprenions l’intégralité du discours du rdv précédent à chaque fois, où Ninie dessinait dans son coin car elle n’a jamais échangé avec le psy directement. Qui à part nous dire que nous sommes « de mauvais parents » et que tout est de notre faute, n’a pas cherché plus loin, je résume: « votre fille n’a rien, elle est juste un enfant roi ». Elle n’a donc pas su voir le potentiel de Ninie, ni le fait qu’elle avait les symptômes classiques des enfants atteins d’un trouble du comportement. J’ai abandonné, cette période a été très difficile! Mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend l’année suivante…
  • Grande section: On s’est retrouvés cette fois-ci abandonnés par la maitresse qui n’avait pas de temps à nous accorder ni même à Ninie. Même après avoir eu l’info concernant les supers-pouvoirs de Ninie elle a décidé de faire sans… Durant ses problèmes avec une autre élève ou devant les questions que nous avions au sujet du comportement de Ninie avec les autres au quotidien, elle nous a toujours expédiés souvent sans même retirer ses lunettes de soleil pour s’adresser à nous… et devine qui est venue à notre secours… La maitresse de moyenne section et la directrice de l’école (sa maitresse de petite section)! Nous avons été redirigés par le Psy scolaire vers un centre de bénévoles qui aide les familles d’enfants particuliers. Nous avons rencontré un nouveau pédo-psy et je dois dire que je lui dois beaucoup! Il a mis des mots sur « le mal » de Ninie, nous a souvent répété que nous sommes « de bons parents » et que nous sommes une famille unie.

Quand bien choisir son accompagnement est la clé du « succès »!

Je dois bien avouer qu’il a été difficile de se rendre chez un autre pédo-psy après notre précédente expérience laborieuse, mais celui-ci a été dès les premières minutes à l’écoute de Ninie, il l’a observé, il a échangé avec elle (contrairement au pédo-psy précédent), il nous a écouté… Le contact est rapidement passé, il n’a eu aucun mal à trouver les bons mots et à nous dire enfin pourquoi Ninie est comme elle est.

On a enfin pu dire et accepté le fait d’être de bons parents, car oui, figure-toi que quand un soit disant professionnel de la psychologie enfantine te dit le contraire et bien, tu as tendance à le croire. Plus que de nous apporter des mots réconfortants, ce second pédo-psy nous a aussi donné le noms de ses supers-pouvoirs, HPI et TOP, et donner des solutions d’accompagnement au quotidien. Alors il ne s’agit pas non plus de dire que nous sommes satisfait juste parce que nous avons entendus des mots rassurants, il a su détecter nos failles et manque de fermeté en nous rappelant les risques d’être trop « laxistes » avec un enfant particulier. Nous nous sommes donc remis en question, et bien sûr nous n’avons pas réussi à 100% mais le cœur y était et le plus gros a été fait.

Nous avons appris a éviter de « rentrer dans le jeu » du conflit. Ne plus se plier aux quatre volontés par peur de ce même conflit, mais d’imposer les règles peu à peu. Plutôt que de punir, nous avons mis en place un système de récompense (j’en avais déjà parlé), avec un tableau de bonnes actions, nous avions aussi pour missions de bien l’encourager. Il m’a également dit de continuer à la stimuler intellectuellement comme j’en ai l’habitude et nous a demandé de mettre l’accent sur son talent créatif et plus particulièrement le dessin. Des efforts pour adapter notre vision de la parentalité et de l’éducation, facile à mettre en œuvre mais difficile à maintenir sur le long terme.

TOP – HPI ça change quoi?

Ces deux acronymes peuvent être des ovnis pour les parents qui n’ont pas d’enfant souffrant d’un TOP ou étant HPI. Chez nous on arrive maintenant à faire la différence entre les deux, si le TOP est très bruyant il peut être corrigé, le HPI nécessite un accompagnement pour faire au mieux, ça ne se soigne pas, après tout, ce n’est pas une maladie.

On va commencer avec le TOP ou trouble oppositionnel avec provocation qui se traduit par des crises (parfois on pourrait croire à de l’hystérie) de hurlements accompagnés parfois de violence. Comme je l’ai dit plus haut, personne n’en savais rien à l’école puisque Ninie fait figure de petit ange, c’est dans le privé que tout est compliqué. Ninie cherchait la confrontation continuellement avec une figure d’autorité (avec moi le plus souvent).

Pour le HPI ou haut potentiel intellectuel, je pense ici que l’école aurait dû s’en rendre compte bien avant le pédo-psy. Je dois t’avouer que si le TOP ne m’a pas vraiment fait peur, au moins on avait un nom à poser sur ce qui se passe à la maison, le HPI m’est arrivé dessus comme un coup de massue. J’ai toujours pensé naïvement que les apprentissages étaient faciles à la maison parce que nous nous en occupions tout le temps: on lit, on dessine, on écrit… Bref, on fait plein de choses et ce depuis toute petite. Alors qu’en réalité c’est juste que son cerveau ne s’arrête jamais, ce que nous prenions pour « sa personnalité de je sais tout » a vraiment impressionné le pédo-psy, il s’est souvent retrouvé en admiration devant ce petit bout qui veut tout savoir et qui en sait déjà pas mal.

Aujourd’hui, on en est où?

Tout ce que j’ai dit plus haut, concerne tu l’auras compris toute la période de la maternelle. Aujourd’hui notre quotidien est un poil différent:

  • La maitresse: Je n’ai pas perdu de temps, j’ai pris rendez-vous avec elle de suite, c’est une personne pleine de bienveillance, qui m’accorde du temps (faut pas croire, je suis pas une casse-pieds, j’ai discuté trois fois avec elle pour quelques petites corrections et faire un peu ma curieuse au sujet de ma princesse). Elle n’hésite pas à occuper Ninie quand celle-ci s’ennuie et c’est parfait. Elle a également très bien conscience des efforts de Ninie pour se tenir à carreaux sans jamais un seul débordement, elle m’a même dit qu’il serait bien que parfois elle « se lâche un peu ».
  • Le TOP: Nous avons beaucoup travaillé sur ce point pendant les grandes vacances, aujourd’hui on s’en sort pas trop mal puisque même si elle n’est pas toujours d’accord avec nous, Ninie sait se contenir. Nous avons même supprimé le système de tableau de bonnes actions que je ne vais pas tarder à remettre à sa demande. Nous ne marchons plus sur des œufs, mais nous faisons quand même attention au moindre débordement bien qu’ils soient de plus en plus rares. Les autres parents doivent me prendre pour une tortionnaire à n’accepter pratiquement aucun écart, mais je sais à quel point ça va vite avec elle, même si j’avoue que je lâche du lest de temps en temps. Il faut souligner que parfois la frontière entre le TOP et le HPI se brouille, et ça donne une petite fille de 6 ans avec la répartie d’une chipie de 14 ans qui répond sans arrêt avec les mimiques et la confiance qui vont bien. Bref, il faut être patient et avoir une bonne dose d’humour.
  • Le HPI: Ninie est entrée au CP en sachant lire (pas juste du déchiffrage, elle comprend ce qu’elle lit), elle a de nombreuses facilités bien évidemment. Parfois elle arrive encore à me surprendre, j’ai eu un choc lors de la première poésie qu’elle a appris en moins de 15 minutes. Elle dessine de plus en plus, elle s’est complétement plongée dedans pour notre plus grand plaisir. Elle parle de la vie, elle est passionnée par les animaux marins, elle sait presque tout de la création de notre univers, elle adore l’espace… Il y a quand même quelques bémols à tous ça: les retours d’école en pleurs car elle a fait une petite faute, la frustration de ne pas réussir de suite quelque chose de nouveau et l’abandon qui va avec. Elle refuse d’être « trop petite » et nous parle de honte lorsqu’il s’agit de faire des jeux d’enfants. En effet jusqu’a maintenant car ça va un peu mieux, elle refusait de parler seule à haute voix pour imaginer une histoire, de danser ou de chanter ou de faire la zouave en général, car c’était « trop la honte » et même quand c’est son père qui fait le pitre, elle se sentait mal (malheureusement pour elle il passe son temps à ça) Il faut aussi éviter le piège du « je le sais déjà » et de ne pas être assez attentif à l’école, transformant un « avantage » en retard par manque d’humilité (et va expliquer ça à un enfant de 6ans)… Et aussi pour faire écho à la fin du paragraphe TOP, que c’est une véritable éponge qui absorbe le caractère des adultes et sait replacer au moment opportun la pique qui casse bien le délire 🙂

Je te vois déjà me demander: Et Ninie dans tout ça? Elle ne sait rien du TOP, elle sait juste qu’elle est casse-pieds et fait tous les efforts du monde pour se contenir. On lui a demandé de lâcher un peu prise de temps en temps notamment à l’école où elle veut faire figure d’élève parfaite. Certains penseront certainement que ce n’est pas normal qu’elle ne soit pas au courant du TOP mais connaissant ma princesse, je sais que pour elle ce serait un argument de choix pour justifier les mauvais comportements…  Pour le HPI, elle le sait, nous lui avons expliqué qu’elle est super forte, que c’est une championne mais qu’il est important de ne pas se moquer des autres s’ils n’arrivent pas à faire ce qu’elle sait faire. Nous n’avons pas parlé de différence, je n’en vois pas l’intérêt, nous avons simplement tourné la situation à son avantage et appris la tolérance.

 

Pour terminer avec ce très long billet perso qui n’est pas dans mes habitudes, je vais te donner quelques références littéraires si jamais tu en as besoin, ils m’ont beaucoup aidé:

  • Zarbi, dont j’ai parlé sur le blog et qui s’adresse à la fois aux parents et aux enfants. Une véritable pépite!
  • J’aide mon enfant précoce, qui donne beaucoup de pistes pour accompagner les enfants HPI.
  • L’opposition ces enfants qui vous en font voir de toutes les couleurs, un livre complet et de référence pour comprendre le TOP et l’affronter.

Je souhaite également revenir sur un dernier point qui m’a fait très mal, pour avertir, sensibiliser peut-être, je ne sais pas, mais il semble bon de le dire. En tant que parent d’un enfant particulier, on est souvent sur la défensive, comme je l’ai dit on est démuni, on cherche le meilleur moyen d’aider son enfant, de le soutenir… On sait que les enfants ne sont pas tendres entre eux, que la « différence » même si elle n’est pas visible peut être perçue par certains, même si ça fait mal, ce ne sont que des enfants. Mais que des parents, des adultes, des personnes qui sont censées, justement élever des enfants non particuliers se permettent de juger une enfant de 5 ans (à ce moment là) parce qu’elle voit un pédo-psy, parce qu’elle est différente, je trouve ça horrible. Je ne m’y attendais pas, je ne pensais même pas que cela puisse être possible.

 

Merci à toi d’avoir lu tout ça, tu en sais un peu plus sur les supers-pouvoirs de ma princesse!

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8 commentaires pour “HPI – TOP – Les supers-pouvoirs de Ninie!

  1. Merci à toi pour ce bel article <3
    Je reconnais tellement mes propres difficultés familiales dans ton écrit…forcément cela m'émeut
    J'ai une question peut-être naïve : quand tu parles de pédo-psi, tu veux bien dire pedo psychiatre n'est ce pas ?
    Nous avions décidé de d'aller vers une psychologue de ville, mais après qq années je vois les limites de cet accompagnement, et maintenant que mon fils a 12 ans je suis un peu perdue je l'avoue et pensais me ré-orienter vers un pédo psychiatre pour un vrai "diagnostic"
    Merci à toi pour ce beau partage encore une fois

    1. Merci <3
      Alors pour le premier je me suis trompée, c'est bien un psy que nous avons vu. Il a été d'une inutilité déconcertante... Le second est bien un pédo psychiatre.
      En lisant ton retour, je ne peux te conseiller qu'une seule chose: va voir quelqu'un d'autre. Si tu penses que c'est le mieux pour ton loulou n'hésite pas, au pire tu découvriras un accompagnement différent et peut-être qu'il te donnera des solutions et qu'il t'apportera l'aide dont vous avez besoin.
      Je te souhaite plein de courage <3

  2. J’imagine que ça ne doit pas être évident au quotidien, notamment les remarques d’autres parents. Pour autant, vous semblez être bien entourés (merci cette super maitresse d’ailleurs) et d’avoir trouvé des manières d’accompagner votre fille au plus près de ses besoins. Je vous admire beaucoup. Plein de belles choses pour la suite <3

    1. Merci beaucoup!
      Oui le plus difficile est certainement les adultes qui se permettent de juger. Heureusement à ce moment là, elle était trop petite pour comprendre.

  3. Loulou a priori hpi ici, « diagnostiqué » par une psy il y a quelques mois, non testé pour le moment car n’a que 4 ans.
    Pas facile ici non plus d’apprendre ça, sans sentir pour ma part le poids de la responsabilité de faire en sorte que ce soit une chance pr lui et non qu’il le vive comme un boulet au pied.
    En revanche je ne connaissais pas les Top.
    Bravo pour votre parcours, toujours se dire que seuls nous, les parents savons ce qui est le mieux pour eux et quand quelquechose cloche. Ici le parcours n’a pas été simple non plus, chaotique depuis la petite section, avant de se faire entendre et d’arriver au diagnostic ça a été long et semé d’embûches.

    1. Comme je te comprends! Bon courage avec ton loulou. Ce n’est pas simple quand ça nous tombe dessus, mais tu vas voir, petit à petit, au quotidien, c’est plus facile à vivre ce HPI.
      Tu parles du WISC? Ici non plus, pour l’instant il n’est pas utile de la tester et de l’embêter. Elle veut juste qu’on la laisse tranquille et donc si elle n’en a pas besoin (et nous non plus), elle ne va plus au centre.

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